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Le grand départ était prévu à 8h, mais avec les excès de la veille nous ne réussissons à nous lever qu'à 11h ! Notre chauffeur, Nirina nous prend à l'hôtel avec le véhicule que nous avons loué. Après avoir fait le plein de carburant, nous quittons la capitale par le Sud empruntant la RN7, une des rares routes goudronnées de Madagascar, direction Antsirabe. Rapidement le paysage change. Collines et rizières font leur apparition, parsemées de hameaux aux maisons aux murs de briques rouges et aux toits de chaume. La région des Hautes Terres, hauts plateaux du centre de l'île aux paysages verdoyants ne manquent pas de séduire le visiteur. Les habitants, "ceux qui habitent les hauteurs" ou Merina, sont d'excellents agriculteurs. Leur grande expérience du travail de la terre et de l'irrigation en font de véritables spécialistes de la culture du riz en terrasse. D'origine malaise, les merinas forment une ethnie majoritaire du pays. Leur langue est à la base de la langue malgache actuelle et officielle.
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| Maison traditionnelle Merina, Hautes Terres |
Enfants le long de la route aux alentours d'Ambatolampy |
Dans les hautes terres, les saisons sont contrastées et l'altitude varie entre 1200 et 1600 mètres ce qui limite les excès du climat. A cette période de l'année, les températures sont particulièrement douces. Au fur et à mesure que nous progressons en pays merina, les vendeurs d'artisanat postés au bord de la route se font plus nombreux. Ils proposent nombre d'articles colorés parmi lequels des voitures et avions miniatures fabriqués à partir de matériaux de récupération (boites de conserve, canettes et autres bombes aérosols), des baobabs et animaux en raphia peint, des paniers et sacs en vannerie, … Une échoppe un peu particulière attire notre attention. Il s'agit d'un fabricant de statues en plâtre. L'artisan nous explique que sa production est essentiellement destinée aux églises de la région. Nous regardons avec amusement ces bondieuseries quand une ribambelle d'enfants nous rejoint et nous entoure de rires. Les églises et les temples sont nombreux dans cette partie de l'île. Héritage de la colonisation, la religion chrétienne fortement pratiquée n'a pas pour autant remplacé les croyances malgaches. Le culte des ancêtres reste un des piliers de la société malgache. Les rites funéraires sont importants et complexes, et sont associés aux tombeaux familiaux que l'on peut voir un peu partout.
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| Eglise et tombeaux merina |
En début d'après-midi, nous faisons une pause déjeuner au restaurant le "Rendez-vous des pêcheurs" dans la petite ville d'Ambatolampy à 70 km au Sud de Tananarive. Au menu, de délicieuses écrevisses, spécialités de la région ! Nous reprenons la route après avoir rendu visite aux fabricants de marmites en aluminium, autre spécialité de la ville.
La RN7 traverse l'immense plaine rizicole d'Ambohibary. Impatients de faire nos premières rencontres dans la nature nous faisons une halte dans une vaste prairie. A peine avons nous fait quelques pas au milieu des graminées que nous tombons nez-à-nez avec une araignée splendide. Il en existe 400 espèces différentes sur l'île. Nous n'avons pas trouvé le nom de celle-ci mais pensons qu'elle appartient au genre Nephila. Si par bonheur vous l'identifiez, n'hésitez pas à répondre à ce billet.
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| Araignée du genre Nephila (vue de dos, de profil et d'en dessous) |
Nous croisons par la suite une chenille couverte de poils blancs sur la partie ventrale aux motifs et couleurs originales sur le reste du corps. Un peu plus loin, un agrion bleu ciel gracieux cousin des libellules se laisse photographier de très prêt. Le premier papillon que nous observons est un Precis radama. Papillon commun sur l'île, le radama arbore une couleur bleue vive avec deux ocelles ou tâches circulaires colorées sur la partie inférieure des ailes. Dans la végétation qui nous entoure, une plante attire notre regard. Chaque pied ne possède qu'une ou deux fleurs dont la longueur dépasse dix centimètres. Les corolles blanches en forme de trompette sont veinées de violet et abritent cinq étamines orange vif. Il pourrait s'agir du lis de Formose (Lilium formosanum), plante considérée comme envahissante.
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| Lis de Formose (Lilium formosanum) ? |
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| Vendeurs d'oiseaux cardinals (Foudia madagascariensis) et inséparables à tête grise (Agapornis canus) sur le bord de la route |
Nous reprenons notre chemin. La route serpente au milieu des rizières en terrasses. Le riz ou Oryza sativa, graminée originaire d'Asie, joue un rôle primordial dans la culture malgache. C'est l'aliment de base de la population. La plante a besoin d'être inondée pour pousser convenablement. Les rizières irriguées sont les plus répandues que ce soit dans les plaines ou dans les vallées. Pour retenir l'eau malgré la pente, les terres sont aménagées en terrasses entourées de diguettes.
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| Plaine rizicole d'Ambohibary |
Gerbes déposées en ligne à terre après la moisson |
L'activité bat son plein dans les champs au moment de notre passage. Nous sommes en pleine saison de récolte du riz. Les pieds arrivés à maturité sont fauchés à l'aide d'une serpette puis transportés par charrette à zébus, à vélo ou à dos d'homme vers les lieux de battage.
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| Retour des champs |
Nous arrivons à Anstirabe en fin d'après-midi. Cette ville thermale surnommée la "Vichy malgache" est située à 1500m d'altitude dans une cuvette entourée de volcans. Avant de rejoindre notre hôtel, nous décidons de nous rendre au lac Andraikiba localisé à l'Ouest de la ville en direction de Betafo. L'endroit est paisible mais un peu étrange. L'ambiance y est quelque peu lugubre à cause d'installations nautiques abandonnées et des collines déboisées qui entourent l'étendue d'eau. De nombreux stands proposent aux visiteurs minéraux, fossiles, pierres précieuses et semi-précieuses. La région d'Antsirabe est riche en sites géologiques remarquables.
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| Crépuscule sur le lac Andraikiba |
Le soleil couché, nous rejoignons Antsirabe et nous installons au Green Park Hotel, dans un sympathique bungalow construit au milieu d'un jardin luxuriant. Pour le dîner, nous choisissons le restaurant Les Agapes dans le centre ville. L'endroit est plutôt impersonnel et sans charme, mais la cuisine y est bonne. Nous rentrons ensuite directement à l'hôtel nous reposer. A Madagascar les gens se couchent tôt (la nuit tombant à 18h), par conséquent il n'y a pas grand-chose à faire le soir.
Etape suivante : lac Tritriva, Antsirabe, route jusqu'à Ambositra Etape précédente : visite d'Antananarivo
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