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Réveil (très) matinal par les poules du campement ! Nous prenons le petit-déjeuner dehors car il fait déjà bon, puis notre guide Sylvain et Nirina partent en forêt. La réserve d'Ialatsara couvre 2500 hectares dont 500 ha de forêt d'eucalyptus, 1000 ha de pinède et 1000 ha de forêt naturelle dite primaire. Nous quittons le campement accompagnés de Daniel, le gérant des lieux. La promenade débute par un sentier au milieu de la forêt d'eucalyptus qui regorge d'orchidées terrestres.
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| Orchidée Satyrium amoenum à fleurs mauves pâles avec labelle spatulé, longues bractées et double éperons |
Orchidée du genre Cynorkis à fleurs violettes avec labelle (à trois lobes) replié latéralement |
Orchidée du genre Benthamia (peut-être espèce glaberrima) jaunâtre aux fleurs de très petite taille avec labelle trilobé |
Nous ne connaissons pas suffisamment la végétation malgache pour identifier les plantes que nous rencontrons. Nous prenons donc de nombreux clichés des plus belles fleurs. Ces photographies nous aiderons, nous l'espérons, à trouver le nom d'espèces avec l'aide de flores spécialisées.
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| Cynorkis à fleurs violettes avec labelle tacheté et pistil couvert de poils blancs |
Orchidée (du genre Benthamia ?) de couleur verte à inflorescence en épi composée de fleurs minuscules (moins de 2 mm) |
Après une demi-heure de marche, nous rejoignons le sommet d'une colline d'où l'on voit les massifs environnants et la forêt en contre bas. Daniel nous explique que le site a été sauvé in extrémis grâce à la création de la réserve. Il nous montre à l'horizon des installations d'agriculteurs récentes qui ont défrichés le massif il y quelques années avant que celui-ci ne soit protégé. Les parcelles ont été aménagées en brulant la forêt, en pratiquant ce que l'on appelle communément la culture sur brulis (tavy en malgache).
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| Vue sur la réserve d'Ialatsara |
Forêt primaire d'Ialatsara |
Peu avant de nous aventurer dans la forêt, nous remarquons un charançon. Nous sommes surpris par sa taille remarquable (2 cm de long) et ses couleurs chatoyantes. Les charançons sont des insectes phytophages appartenant à l'ordre des coléoptères. Certaines espèces causent des dégâts importants aux cultures ainsi qu'aux récoltes entreposées.
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| Charançon de grande taille (+ de 2cm) |
Fougère du genre Actiniopteris |
Notre premier contact avec la forêt primaire est unique. Quelles sensations ! Une fois sous le couvert végétal, on ressent l'humidité et une certaine fraîcheur. Moult mousses, champignons, fougères et autres organismes amateurs d'humidité vivent ici. Des arbres de grande taille et leur feuillage tamisent la lumière. Des plantes dont des orchidées choisissent de pousser en hauteur sur des branches ou à leur base. Elles y trouvent la lumière, l'eau et les sels minéraux nécessaires à leur croissance. Ces plantes sont qualifiées d'épiphytes.
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| Ambiance sombre en forêt ombrophile |
Au royaume des épiphytes |
Le long du chemin, Daniel nous montre quelques fleurs, pas toujours simples à repérer, notamment des orchidées épiphytes telles que des Aeranthes aux fleurs claires et translucides. En Avril, peu de plantes sont fleuries. Au fur et à mesure que nous descendons vers le fond de vallée, la forêt se fait plus épaisse.
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| Orchidée épiphyte du genre Aeranthes aux fleurs fragiles et translucides |
Orchidée remarquable à fleurs roses, le Gastrorchis de François (Gastrorchis françoisii) |
Orchidée verdâtre aux pétales fins et graciles du genre Habenaria (espèce alta ?) |
Daniel nous quitte pour rentrer au campement. Sylvain prend le relai et nous guide à la recherche des lémuriens. Des pisteurs ont repéré un groupe de propithèques à diadème à quelques centaines de mètres de l'endroit où nous nous trouvons. Il s'agit de la sous-espèce propithèque de Milne-Edwards (Propithecus diadema edwardsi). Avec l'Indri, ce lémurien noir/brun et blanc est l'un des plus impressionant de Madagascar, il mesure 80 à 100 cm de long (corps et queue) pour un poids de 5 à 6 kg. Les sifakas (nom employé localement pour désigner ces propithèques) portent une tâche caractéristique blanche sur le bas du dos.
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| Comme la plupart des lémuriens, le propithèque de Milne-Edwards vit dans les arbres |
Paisible et sociable, il se laisse facilement observer |
Tâche blanche sur le bas du dos caractéristique de la sous-espèce edwardsi |
Nous restons un long moment littéralement hypnotisés. Le groupe est paisible et se déplace de temps à autres d'arbre en arbre. Les propithèques de Milne-Edwards se nourrissent essentiellement de feuilles mais aussi de fleurs et de fruits. Le groupe que nous suivons est composé de 8 individus dont une femelle en gestation. La CITES (Convention sur les commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) a classé cette sous-espèce en Annexe I (espèces menacées d'extinction) en 1975 et l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) dans sa liste rouge en 2000.
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| Le corps du sifaka mesure environ 50 cm de long et sa queue 45 cm |
Les mains des lémuriens sont proches de celles des hommes. Celui-ci n'a pas remarqué le mille-pattes qui grimpe à l'arbre. |
Le visage expressif des lémuriens ne peut laisser indifférent l'observateur |
Nous poursuivons notre chemin vers le fond de la vallée. La température chute. Dans ce milieu vivent une multitude d'insectes, araignées, orchidées et autres plantes remarquables. Les lichens et champignons sont également nombreux du fait de l'humidité. La forêt tropicale humide, dite ombrophile, est la plus riche en biodiversité. A titre d'exemple, elle abrite jusqu'à plusieurs centaines d'espèces d'arbres par hectare alors que sous nos latitudes on en dénombre à peine dix. La canopée, étage supérieur de la forêt, se situe à une trentaine de mètres au dessus de nos têtes. Dommage que nous ne puissions voir ce qui s'y passe, à n'en pas douter de nombreuses espèces s'épanouissent dans cet habitat particulier. A notre niveau, la lumière est faible et il est souvent difficile de repérer certaines espèces à cause de leur mimétisme avec le milieu.
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| Par ses couleurs et son immobilité, la mante religieuse est un insecte difficile à voir |
Petite orchidée discrète du genre Angraecum |
Gecko diurne de Madagascar (Phelsuma quadriocellata) |
L'expérience de Sylvain et des pisteurs leur permet de remarquer rapidement plantes et animaux. Sans leur aide et leurs connaissances nous n'aurions pas vu autant de choses. Leurs explications nous aident à comprendre la complexité du milieu que nous explorons.
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| Malgré une apparence peu engageante, les mille-pattes de Ialatsara sont parfaitement inoffensifs |
Les mille papattes du mille-pattes présentées par Sylvain |
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Magnifique cétoine verte avec triangle central noir |
Le mouvement des pattes des millipèdes est un spectacle intriguant |
L'endémisme définit la présence naturelle d'une espèce biologique ou de taxons dans une région géographique délimitée. La faune et la flore de Madagascar sont caractérisées par un fort taux d'endémisme. 80% des espèces animales et 90% des espèces végétales présentes sur l'île ne se rencontrent qu'ici. Quand on sait que la déforestation détruit progressivement cette biodiversité, chacune de nos rencontres revêt un caractère émouvant. Par exemple dans cette seule journée, nous avons eu la chance de voir de nombreuses espèces d'orchidées. Parmi celles-ci, des Angraecum, Aeranthes, Bulbophyllum, Habenaria et autres Oeonia. Que du bonheur pour les passionnés ! Les espèces du genre Bulbophyllum sont assez surprenantes. Elles présentent un pseudobulbe à leur base (partie charnue de la base de leur tige). C'est le genre le plus riche en espèces de la famille des orchidacées et l'un des plus important du règne végétal. Il compte environ 1500 espèces qui ne se rencontrent que sous les tropiques.
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| Les Habenaria ont de magnifiques formes mais sont difficiles à remarquer de par leur couleur verdâtre |
Oeonia rosea est une orchidée au labelle quadrilobé d'un blanc éclatant avec une base légèrement rosée |
En quittant le fond de la vallée, le chemin mène au pied d'une falaise légèrement surplombante. Dans cet espace plus dégagé, de nouvelles espèces trouvent un milieu favorable. Une colonie d'araignées noires est installée sur un réseau de toiles tissées dans les anfractuosités des rochers. Malgré leur aspect peu engageant, nous restons un long moment à les observer. A quelques pas de là, une forme sombre fixée dans les arbres attire notre attention. Sylvain nous indique qu'il s'agit là d'une fourmilière. Quelle surprise, une fourmilière arboricole !
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| Araignée noire aux grandes pattes crochues |
Une tâche rouge est visible sur son thorax |
Cousines des fourmis, les termites sont les seules représentantes de l'ordre des isoptères. On dénombre actuellement 281 genres de termites, parfois surnommées fourmis blanches. Celles-ci vivent en colonies de façon hiérarchisée et construisent de grands nids en terre appelés termitières.
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| Termitière de petite taille |
Les termites s'affairent à construire leur termitière |
Nous découvrons dans les derniers lambeaux de forêt, une orchidée extraordinaire dont la couleur d'un blanc éclatant dénote dans un environnement particulièrement sombre. L'aerangis citrata est une orchidée endémique de l'île. Son inflorescence compte de 20 à 30 fleurs qui dégagent un parfum délicat légèrement citronné.
Sur le chemin du retour, nous traversons de nouveau une forêt d'eucalyptus nettement moins riche en espèces que la forêt ombrophile. Nous y faisons néanmoins quelques belles rencontres. Parmi celles-ci, une cigale et sa mue que nous sommes surpris de voir ici ! Nous pensions que cet insect vivait uniquement sur le pourtour méditerranéen. A quelques pas de là, un criquet aux couleurs vives se réchauffe au soleil. Espérons pour lui qu'il n'a pas été repéré par le caméléon situé à quelques mètres de lui.
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| Mue de cigale sèche |
Un criquet se dore la pilule au soleil |
Non loin de là, un caméléon est attiré par un tel festin |
En passant à proximité d'un arbre aux feuilles énormes, nous demandons à Sylvain le nom de celui-ci. Il nous apprend qu'il s'agit d'un teck. Le teck (Tectona grandis) est une espèce tropicale originaire d'Asie. Il est cultivé dans toutes les zones tropicales et sub-tropicales. Son bois précieux et imputrescible est particulièrement adapté pour la fabrication de meubles de jardin et ponts de bateaux.
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| Jeune teck aux feuilles de taille impressionnante |
Avant d'atteindre le campement, alors que nous sommes affamés, Cyrille s'attardent de longues minutes sur deux nouvelles plantes. Il s'agit d'une orchidée Satyrium amoenum, aux couleurs beaucoup plus foncées que celle rencontrée le matin même, et d'une autre plante ressemblant fortement à une orchidée mais que nous n'avons pas réussi à identifier.
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| Orchidée de l'espèce Satyrium amoenum |
Plante non déterminée (peut-être une orchidée ?) |
Nous arrivons au campement pour le déjeuner. Nous discutons encore un peu avec Daniel et Bérénice, les gérants. Avant notre départ, Bérénice nous fait visiter son jardin où poussent notamment deux splendides orchidées du genre Epidendrum. Ce genre, originaire d'Amérique tropicale et semi-tropicale, compte près de 1000 espèces. Certaines sont parfaitement adaptées au climat de Madagascar et appréciées dans les jardins de la grande île.
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| Les Epidendrum de Bérénice sont superbes ! |
Nous remercions nos amis du campement de Ialatsara avant de reprendre la route vers notre prochaine destination, le parc national de Ranomafana. Les paysages qui défilent le long de la RN7 sont toujours aussi variés.
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| Paysages le long de la RN7 entre Ialatsara et Ranomafana |
Pour rejoindre la vallée de Ranomafana, nous quittons la RN7 quelques kilomètres avant Fianarantsoa. La route serpente tranquillement au cœur de la forêt tropicale humide le long de la rivière Namorona. Nous nous arrêtons à un belvédère afin d'admirer la forêt et les chutes d'Andriamamovoka. En malgache, "rano" signifie "eau" et "mafana" veut dire "chaude". L'association des deux termes pour nommer le lieu remonte à il y a une centaine d'années lorsqu'une station thermale a été construite ici. En 1986, la découverte d'une nouvelle espèce de lémurien, l'hapalémur doré ou lémur bambou doré (Hapalemur aureus), est à l'origine de la création du parc national de Ranomafana. Ce parc comporte une zone centrale de protection totale de la faune et de la flore d'une superficie de 41000 hectares.
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| Aperçu en dessin de la faune locale (avec au centre le lémur bambou doré) |
Chutes d'Andriamamovoka |
Nous profitons de la beauté de l'endroit pour faire une pause |
A Madagascar, nombre de panneaux de signalisation sont peints à la main. Le long de la route, nous croisons des panneaux pittoresques et drôles nous avertissant du risque de traversée de lémuriens ou encore nous rappelant de manière quelque peu morbide les dangers des lacets de la route.
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| A Ranomafana, la signalisation routière est adaptée aux nombreux dangers que recèle la vallée |
Quelques kilomètres avant notre destination, Nirina freine brusquement car il pense avoir vu un porc-épic sur le bas-coté. Nous sortons de la voiture pour voir cela de plus près. En réalité, l'animal est un oiseau, plutôt bien camouflé dans la végétation. Il s'agit d'un coucal malgache ou coucal toulou (Centropus toulou). Cet oiseau revêt un plumage qui dépend de ses amours. Celui-ci présente un plumage internuptial : la tête et le haut du corps sont noirs et striés de beige, le bec est brun rosé et le dos et les ailes sont roux.
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| Coucal de toulou en plumage internuptial |
Satyrium amoenum à fleurs blanches |
Nous arrivons finalement au village de Ranomafana et nous arrêtons à l'hôtel Centrest Sejour qui propose des bungalows forts sympathiques. Après installation, nous dînons au restaurant de l'hôtel et discutons avec un guide de l'ANGAP, dénommé Bertin, qui nous donne rendez-vous tôt le lendemain matin devant l'hôtel.
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| Entrée du village de Ranomafana |
Bungalow de l'hôtel Centrest Sejour |
Etape suivante : visite du parc national de Ranomafana, route pour Fianarantsoa Etape précédente : randonnée au Mont Antety, route jusqu'à la forêt d'Ialatsara
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Commentaires
à la semaine dernière,j'étais à Ranomafana et je veux y rester mais...je suis très fière de la richesse de Madagascar en faune et flore.plus précisément, c'est une richesse mondiale.Sa protection se faite par Nous!nous avons une forte contribution pour la préservation de la nature.
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