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Après un réveil très matinal, nous petit-déjeunons au restaurant du Centrest Sejour et retrouvons notre guide Bertin accompagné de son pisteur Patrice. Nous prenons la voiture en direction du Parc National de Ranomafana. En route, Bertin fait stopper le véhicule pour rechercher un insecte remarquable : le charançon girafe (Trachelophorus giraffa) improprement appelé scarabée girafe. Notre guide connaît parfaitement l'arbuste, le mélastome (Melastoma sp.), dont l'animal se nourrit des feuilles. Nous cherchons avec lui une bonne dizaine de minutes et réussissons finalement à dénicher une femelle aux couleurs rouge vif et noire dont le cou n'est pas aussi spectaculaire que celui des mâles. Nous rejoignons ensuite l'entrée du parc. L'atmosphère est excessivement humide ! Il semblerait que nous soyons chanceux car il va faire beau aujourd'hui. Ce n'est pas souvent le cas ici puisqu'il pleut en moyenne 200 jours par an et que le taux d'humidité fluctue entre 90 et 95%. La faune et la flore du parc sont parmi les plus diverses et uniques au monde, le taux d'endémisme est exceptionnel.
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| Femelle scarabée girafe (Trachelophorus giraffa) sur feuille de mélastome |
Le Parc s'étend sur 43500 hectares. Localisé à 60 km à l'Est de Fianarantsoa, le site est montagneux et accidenté. L'altitude varie entre de 400 à 1400 mètres. Le massif est couvert de forêt pluviale dense et humide. C'est ici que le Golden bamboo lemur ou hapalémur doré (Hapalemur aureus) a été décrit pour la première fois par des chercheurs allemands en 1987. La découverte de cette espèce est à l'origine de la création du parc en 1989.
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| Entrée du Parc de Ranomafana |
Bertin, notre guide, prend les entrées au bureau de l'ANGAP |
L'ANGAP (Association Nationale de Gestion des Aires Protégées) est chargée de mettre en œuvre l'animation et la gestion du programme national de conservation de la biodiversité malgache. Créée en 1990, cette ONG participe au PAE (Plan d'Action Environnement), le programme le plus important que Madagascar ait connu en matière d'environnement. Elle gère entre autres le parc de Ranomafana. Avant de débuter notre excursion, les agents de l'Angap nous présentent un comité d'accueil fort sympathique. Sur un arbuste, un caméléon à courtes cornes (Calumma brevicornis) de taille respectable (une trentaine de centimètres queue comprise) semble figé et se confond avec la branche sur laquelle il se tient.
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| Caméléon à courtes cornes (Calumma brevicornis) |
A quelques pas de là, un papillon comète (Argema mittrei) de la famille des Saturnidés, surpris par le jour, est resté posé sous le toit d'un abri du parc. C'est la première fois que nous voyons un papillon d'une telle taille, il bat tous les records. Ce lépidoptère nocturne endémique de l'île, aussi appelé papillon-lune, est le plus grand connu au monde. Il mesure jusqu'à 30cm de long pour 15cm d'envergure. Il est devenu rare et difficile à observer.
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| Argema mittrei mâle se reconnaissant à son corps fin et aux queues très longues de ses ailes |
Antennes plumeuses et magnifiques ocelles du papillon comète |
Les panneaux de l'ANGAP vous renseigneront sur la faune et la flore du parc. Vous y apprendrez que 87% des espèces présentes sont endémiques et que le site recèle 12 espèces de lémuriens (Propithecus diadema edwardsi, Eulemur rubriventer, Eulemur fulvus rufus, Hapalemur griseus griseus, Avahi laniger laniger, Lepilemur microdon, Microcebus rufus, Cheirogaleus major, l'Aye-Aye ou Daubentonia madagascariensis,...) et 34 autres espèces de mammifères, 115 espèces d'oiseaux, 43 de reptiles, 75 d'amphibiens, 6 de poissons d'eau douce et pas moins de 350 espèces d'araignées. En outre, Ranomafana abrite plus de 900 espèces de plantes parmi lesquelles des bois de rose, des fougères arborescentes, quantité d'espèces de bambous, de lianes et d'orchidées.
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| Panneaux de l'ANGAP présentant la biodiversité de Ranomafana |
Notre visite débute par un sentier aménagé qui descend vers la rivière Namorona. Dès le départ, nous sommes immergés dans une végétation luxuriante. Parmi les fougères arborescentes nous repérons une orchidée aux couleurs vives. Il s'agit du Cynorchis purpurea. Cette espèce fleurit de janvier à juin. Son labelle trilobé est long d'environ 6mm.
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| Descente vers la rivière |
Orchidée de l'espèce Cynorkis purpurea |
Comme tout bon guide, Bertin connaît les plantes locales et leurs usages. Lorsqu'il identifie le Danais rhamnifolia, il nous explique qu'on extrait des racines de cette plante une teinture rouge sang utilisée pour colorer la soie ou le raphia. Nous mettons un bon quart d'heure pour rejoindre et traverser la rivière Namorona avant de pénétrer dans une forêt de bambous.
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| Fleurs de Danais rhamnifolia |
Rivière Namorona |
Des pisteurs ont repéré un groupe d'hapalémurs dorés, encore appelés lémurs bambous dorés (Hapalemur aureus). Nous nous engageons sur la piste des lémuriens. La forêt qui nous entoure est dense. De nombreux champignons poussent ici dont la dame voilée également appellée satyre voilé (Dictyophora indusiata). Ce champignon porte comme une robe blanche évoquant de la dentelle. Commun en zone tropicale, il n'est pourtant pas facile à observer car il pousse et disparaît rapidement. Sur le chemin, nous trouvons quelques indices du passage récent des lémuriens : des morceaux de bambou portant des traces de morsures.
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| Dame voilée (Dictyophora indusiata) |
Reste de repas d'hapalémur doré |
Nous rejoignons enfin le groupe d'hapalémurs signalés par les pisteurs. Une dizaine de personnes sont déjà présentes sur les lieux et suivent les évolutions des lémuriens au sommet de la canopée. Leur observation est ardue. D'une part, il est tôt et il fait encore sombrer. D'autre part, les hapalémurs se camouflent bien dans leur milieu. Ce sont des animaux de taille moyenne (environ 70 / 80 cm), de couleur brune plus ou moins dorée qui se nourrissent presque exclusivement de bambous. Nous restons un long moment à les regarder ayant conscience de la chance que nous avons ! Cette espèce est gravement menacée et pourrait rapidement disparaître.
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| L'hapalémur doré se rencontre dans les forêts de bambous dont il se nourrit |
Dos brun, figure et sous-ventre roux sont caractéristiques de l'espèce |
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| Autre signe distinctif de l'hapalémur : une queue ronde et touffue |
Très discret, il n'est pas simple à observer et encore moins à photographier |
Le parc est composé sur la quasi-totalité de son territoire de forêt tropicale humide. Le spectacle est splendide, nous sommes plongés au cœur d'une jungle évoquant chez nous des récits d'enfance. Arbres immenses, enchevêtrement de lianes, mousses, fougères arborescentes et plantes aux fleurs délicates luttent ici pour accéder à la lumière.
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| Au coeur de la forêt, mousses et épiphytes colonisent les troncs d'arbres |
Les plus grands arbres accèdent à la lumière à une trentaine de mètres du sol |
Dans les zones humides, des ficus, de la famille des Moraceae, trouvent un milieu qui leur est favorable. Certains sont de grande taille. Ils présentent sur leur tronc des amas surprenants de fruits noirs et rouges. Il s'agit de sycones plus communément appelés figues, inflorescences et infrutescences caractéristiques des espèces du genre Ficus. Au pied de l'un d'entre eux, Bertin soulève quelques pierres et déniche un crabe d'eau douce. Nous sommes surpris par une telle rencontre si loin de la mer !
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| Crabe d'eau douce de bien petite taille |
Arbre du genre Ficus et peut-être de l'espèce Cocculifolia
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Sycones ou figues, fruits caractéristiques du genre Ficus |
Le parc est réputé pour ses orchidées. La meilleure période pour en voir en fleurs se situe entre Septembre et Novembre en fin de saison sèche.
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| Orchidée de l'espèce Angraecopsis parviflora |
Inflorescence d'une orchidée du genre Bulbophyllum |
Les Bulbophyllum sont épiphytes, il faudra lever la tête pour les voir |
L'Angraecopsis parviflora est une orchidée discrète à inflorescence en spirale. Elle est commune à Madagascar. Autres orchidées épiphytes intéressantes : les Bulbophyllum. Ce genre se caractérise par la présence de pseudobulbes faciles à reconnaître. Le pseudobulbe est une tige modifiée charnue de forme ovoïde ou sphérique. Nous avions déjà rencontré ce genre d'orchidées dans la forêt d'Ialatsara, mais celles-ci n'étaient pas en fleurs.
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| Inflorescence d'une orchidée du genre Liparis |
Feuilles basales subooposées caractéristiques du genre Liparis |
Mais quelle est donc cette plante ? Avis aux amateurs ! |
Le Liparis, bien que peu coloré, présente une fleur gracieuse. Le genre compte 300 espèces de par le monde, dont une seule en Europe (le Liparis de Loesel) fortement menacée d'extinction. Avant d'être classé en parc national, la forêt de Ranomafana était habitée. Les stèles funéraires couvertes de mousses que nous croisons en sont la preuve.
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| Anciennes stèles funéraires |
Chenilles dévorant littéralement les feuilles d'un arbuste |
Le relief accidenté de Ranomafana rend la marche parfois difficile |
Les orchidées du genre Bulbophyllum sont communes à Ranomafana. Nous remarquons une seconde espèce dont l'inflorescence est très petite.
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| Inflorescence d'une orchidée du genre Bulbophyllum |
Nombreux pseudo-bulbes pour cette espèce fixés à une branche tombée de la canopée |
Quelques centaines de mètres avant d'arriver au point d'observation "Belle vue", un lémur à front roux (Eulemur fulvus rufus) passe furtivement à quelques mètres de nous. Nous croiserons un groupe de lémuriens de cette espèce plus tard dans l'après-midi.
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| Le Psychotria, de la famille des Rubiacées, est appelé localement café sauvage |
Lemur à front roux camouflé dans la végétation |
Un pisteur avertit notre guide qu'il a repéré un couple de lémurs à ventre roux (Eulemur rubriventer) à 200 mètres de la piste. Nous rejoignons à travers forêt l'arbre où se tiennent les lémuriens et restons un long moment à les observer. Ce sont des lémuriens de taille moyenne (80 à 90 cm pour 1,5 à 2,5 kg) de couleur brun châtain à gris/noir pour la queue. Le mâle se distingue de la femelle par deux tâches blanches situées de part et d'autre du nez. Contrairement au mal, la femelle a le ventre blanc.
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| Couple de lémurs à ventre roux (Eulemur rubriventer) |
Notre présence ne semble pas les perturber |
La femelle est reconnaissable à son ventre et sa gorge blancs |
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| Les lémuriens sont très agiles et prennent parfois des positions surprenantes |
On distingue les mâles par deux tâches blanches situées de part et d'autre du nez |
Nous faisons une pause déjeuner au site "Belle vue". Des geckos aux couleurs vives se tiennent sur les poutres du baraquement. Il s'agit de phelsumas à quatre ocelles (Phelsuma quadriocellata). Cette espèce au corps vert et bleu tacheté de rouge sur le dos présente deux grandes ocelles noires caractéristiques sur les flancs à l'arrière des pattes avant. Dans un coin de l'abri, des araignées de couleur claire attendent leurs proies sur leurs toiles et ne semblent pas craindre les geckos.
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| Phelsuma à quatre ocelles (Phelsuma quadriocellata) |
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| Le Phelsuma quadriocellata est un gecko diurne |
Belle langue ! Mais qu'a donc ce gecko à lécher le bois ? |
Ce phelsuma est paré de somptueuses couleurs |
Nous nous enfonçons plus profond dans la forêt et repérons un groupe de lémurs à front roux (Eulemur fulvus rufus). Nous suivons leurs évolutions quelques temps. A peine plus grands que les lémurs à ventre roux, les mâles présentent un pelage gris alors que les femelles sont brunes. Le nom de l'espèce vient de la couronne de couleur brun-roux que les mâles portent au dessus des yeux.
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| Groupe de lémurs à front roux |
Un mâle du groupe s'approche certainement par jeu tout en gardant ses distances |
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| Le mâle porte une couronne brun-roux au dessus des yeux |
Les femelles ont un pelage brun-roux |
Après une heure de marche difficile, nous nous enfonçons dans une parcelle de forêt primaire. La taille des arbres est impressionnante. La végétation dense abrite une biodiversité exceptionnelle.
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| Enchevêtrement de lianes et fougères sur le tronc d'un arbre |
Bertin connaît parfaitement les lieux et repère aisément animaux et plantes |
La lumière pénètre difficilement le couvert forestier |
Nombre d'animaux ont élu domicile dans cette partie du massif ... des araignées, charançons, grenouilles, couleuvres,… Un animal minuscule rouge vif attire notre attention. Il s'agit d'un aoûtat, autrement appelé rouget, trombidium ou encore vendangeron. En Europe, l'aoûtat est craint pour ses piqûres qui provoquent de sévères démangeaisons pouvant s'aggraver en infections de la peau (trombidioses). Parmi les autres hôtes charmants des lieux, vous croiserez des sangsues, qui comme leur nom l'indique se feront un plaisir à se fixer à votre peau, à la perforer et à se rassasier de votre sang. Cet animal peu ragoûtant a néanmoins la particularité de respirer par la peau et de posséder deux cœurs. Incroyable non ?
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| Bien que peu impressionnant par sa taille, le trombidium peut provoquer de fortes démangeaisons |
Difficile de repérer les sangsues dans leur milieu |
Amphibiens et reptiles sont deux classes bien représentées à Madagascar. En 2005, 364 espèces de reptiles étaient connues sur l'île dont 332 endémiques (d'après C. J. Raxworthy). Les amphibiens quant à eux comptent 232 espèces représentants connus. Beaucoup restent à décrire.
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| Difficile au premier regard de repérer cette couleuvre longue de près d'un mètre |
Une bande blanche se dessine sur le dos bleu-gris de cette couleuvre que nous n'avons pu identifier |
Les bandes blanches semblent à la mode à Ranomafana ! |
La végétation se fait plus dense et l'atmosphère plus humide. Nous tombons sur un fruit extraordinaire de la taille d'un pamplemousse. Il s'agit du fruit du Tambourissa. Son enveloppe de couleur brune est ouverte. A l'intérieur, une multitude d'alvéoles oranges renferment chacune une graine rouge vif. L'effet produit est des plus psychédélique ! Nous collectons quelques graines qui ne se conserveront pas bien. D'après Bertin, le fruit est très toxique.
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| Le fruit déhiscent du Tambourissa est fixé à même le tronc |
Une fois éclaté, le fruit révèle des couleurs vives et éclatantes |
Chaque alvéole renferme une graine |
Non loin de là, un engoulevent se repose au sol. Il s'agit d'un oiseau de taille respectable dont la tête semble disproportionnée par rapport au reste du corps. Ce spécimen est un Caprimulgus enarratus. On l'identifie à son large collier roux surligné d'une étroite bande plus claire à l'arrière du cou. Les engoulevents à nuque rousse vivent majoritairement dans les forêts humides.
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Un Caprimulgus enarratus dormant à même le sol |
Le collier roux à l'arrière du cou permet d'identifier facilement cette espèce d'engoulevent |
Bien que sombre et uniforme en apparence, l'univers dans lequel nous évoluons regorge de diversité et de couleurs. Un observateur attentif remarquera moult champignons, mousses et autres fougères aux formes souvent amusantes.
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| Polypore aux couleurs violacées |
Colonie de champignons évoquant une foule miniature |
Les champignons aussi s'embrassent ! |
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| Les branches mortes sont vite envahies |
Forme de vie extraterrestre ou champignon malgache ? |
On en ferait bien une omelette !
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| De plus en plus surréaliste... |
Autre modèle de polypore |
Pseudos-bulbes de bulbophyllum |
Après cette incursion en forêt primaire, nous regagnons la forêt de bambous et partons à la recherche du Grand Hapalémur (Hapalemur simus) célèbre mangeur de bambous de Ranomafana. Ceux-ci ne seront pas au rendez-vous. Sur le chemin du retour, nous croisons un caméléon de taille modeste, le Calumma nasuta. L'animal ne semble pas apprécier notre présence et cherche par tous les moyens à se cacher dans le feuillage de l'arbre sur lequel il est perché.
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| Caméléon de l'espèce Calumma nasuta |
Chez le mâle, l'appendice nasal est plus développé |
La taille de ce caméléon dépasse à peine 10 cm |
Une multitude d'espèces de fougères poussent à Ranomafana. Elles trouvent ici des conditions climatiques idéales. Appelées scientifiquement Filicophytes, les fougères ne sont pas des plantes à fleurs mais se reproduisent de façon plus archaïque à l'aide de spores.
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| Comme celle-ci, la plupart des fougères en forêt tropicale sont épiphytes |
Les feuilles de fougères ont des formes très variées |
Sous les feuilles, chaque sporange abrite des milliers de spores |
Véritables fossiles vivants, les fougères arborescentes abondent à Ranomafana. Apparues avant les dinosaures, elles constituaient l'essentiel de la végétation à l'ère primaire et au début de l'ère secondaire. Dans certains secteurs, elles sont si nombreuses que nous avons l'impression de marcher au cœur d'une forêt préhistorique.
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| Fougère arborescente vue du dessus |
La plante peut atteindre une dizaine de mètres de hauteur |
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| Crosse d'une fougère arborescente |
Pour capter la lumière, le feuillage est parfaitement adapté à l'obscurité de la forêt tropicale |
De taille plus humble, la fougère de l'espèce Asplenium nidus pousse sur le troncs des arbres. Elle forme comme un nid d'où son surnom de "nid d'oiseau". En malgache, on l'appelle farahimpa.
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| Le relief du parc est très accidenté |
Charançon noir et blanc marbré de la famille des Curculionidae |
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| Fougère épiphyte Asplenium nidus appelée communément "nid d'oiseau" |
Multitude de fougères épiphytes |
Sur le chemin du retour, en lisière de forêt, nous croisons deux nouvelles espèces d'orchidées dont une en fleurs.
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| Orchidée épiphyte non identifiée |
Superbe orchidée terrestre du genre Cynorchis |
En traversant la rivière Namorona, nous rejoignons l'entrée du parc. Il est temps de saluer et remercier nos guides Bertin et Patrice. Sans leurs précieux conseils, leur connaissance et leur bonne humeur, notre promenade n'aurait jamais été aussi riche et sympathique. En passant devant la maison du parc, nous remarquons que le papillon comète, rencontré le matin même, dort toujours au même endroit.
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| Traversée de la rivière Namorona |
Nos 2 guides à Ranomafana : Patrice et Bertin |
Nous retrouvons Nirina et retournons à l'hôtel Centrest Sejour. Nous nous y désaltérons et mangeons un morceau sur la terrasse bordée de splendides orchidées cultivées du genre Arachnis. Puis nous reprenons la route en direction de Fianarantsoa refaisant en sens inverse le chemin emprunté la veille. La route sinueuse est rétrécie en maints endroits par des éboulements et des arbres déracinés. Ces dégâts ont été provoqués par le cyclone Ivan qui a frappé la côte Est en février 2008. Les cyclones provoquent de graves dégâts à Madagascar. Ils se produisent pendant la saison dite cyclonique entre novembre et avril.
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| 3 mois après le passage du cyclone Ivan, les dégâts sont toujours visibles |
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| En fond de vallée, le village de Ranomafana |
Pause au bord de la rivière Namorona |
Le long de la route nous retrouvons une vie rurale intense et typique du pays betsileo. Les paysages de rizières contrastent fortement avec la forêt primaire toute proche.
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| Croisement de la RN7 et de la RN45 vers Ranomafana |
Ici le riz nourrit tout le monde |
Briques de boue séchée pour la construction des maisons traditionnelles des hauts-plateaux |
En fin de journée nous arrivons à Fianarantsoa, capitale du pays Betsileo, surnommée ville aux milles et une églises. Elle a été fondée en 1830 par la reine Ranavalona Ière qui voulait en faire une deuxième capitale et lui a donné le nom de Fianarantsoa qui signifie "La ville où l'on apprend le bien". Aujourd'hui, l'endroit compte un peu plus de 140 000 âmes ce qui en fait la 4ème ville du pays. Comme Antananarivo, elle est construite sur 3 niveaux : la ville haute, la ville nouvelle et la ville basse.
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| Fianarantsoa à la tombée de la nuit |
L'agitation de la ville contraste avec le calme du parc de Ranomafana |
Ce soir nous nous sommes fait plaisir et avons réservé au Tsara Guest House, un hôtel haut de gamme qui propose des chambres très agréables à des tarifs tout à fait abordables. Le bâtiment principal est une ancienne maison traditionnelle des Hautes Terres entièrement rénovée. Le cadre est splendide contrastant avec cette partie de la ville plutôt décrépite et peu engageante.
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| L'hôtel Tsara Guest House à Fianarantsoa |
Etape suivante : visite d'Ambalavao, route jusqu'à l'Andringitra, balade au Tsaranoro Etape précédente : balade dans la forêt d'Ialatsara, route jusqu'au village de Ranomafana |