Voyage en terre malgache - carnet de voyage à Madagascar
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22 Avril : de l'Isalo à Tuléar

Enseigne du Parc National de l'IsaloAprès avec pris un petit-déjeuner copieux Chez Alice, nous nous rendons au centre du village pour dire au-revoir à Jean, notre guide. Nous reprenons ensuite la RN7 direction Toliara (Tuléar). La Maison de l'Isalo est installée quelques kilomètres après Ranohira au bord de la route. Il s'agit d'un sympathique musée écologique sur la faune, la flore et l'histoire du parc. Nous y arrêtons un moment pour en apprendre davantage sur ce que nous avons vu les deux jours précédents.

 

Maison de l'Isalo, musée du parc Exposition sur la faune et la flore de l'Isalo
Maison de l'Isalo, musée du parc Exposition sur la faune et la flore de l'Isalo

 

Un peu plus loin sur la RN7, nous faisons une halte pour visiter le Relais de la Reine. Cet hôtel et restaurant de charme est à n'en pas douter l'un des plus beaux de l'île. Construit en pierres de la région, il est dissimulé au cœur d'un magnifique site arboré auquel il est parfaitement intégré.

Jardins de l'hôtel de charme le Relais de la Reine près de Ranohira
Intérieur de l'hôtel de charme le Relais de la Reine près de Ranohira
Piscine de l'hôtel de charme le Relais de la Reine près de Ranohira
Jardins, intérieur et piscine de l'hôtel de charme le Relais de la Reine près de Ranohira


Plus au sud, vous pourrez admirer deux formations rocheuses célèbres, véritables sculptures naturelles : la Reine de l'Isalo (à 12 km de Ranohira) et la Fenêtre de l'Isalo (à 17 km). Le profil de la Reine de l'Isalo se voit dans les deux sens depuis la route. A travers la Fenêtre de l'Isalo, le massif s'étend à perte de vue, parsemé ça et là de palmiers satranas donnant au paysage aride des touches de verdure.

Sculpture naturelle appelée la Reine de l'Isalo La Fenêtre de l'Isalo
Sculpture naturelle appelée la Reine de l'Isalo La Fenêtre de l'Isalo


Nous continuons notre route et traversons les contreforts de l'Isalo avant de rejoindre les grandes savanes du Sud-Ouest.

La RN7 traverse le Sud de l'Isalo et ses paysages grandioses
La RN7 traverse le Sud de l'Isalo et ses paysages grandioses


Le palmier Bismarckia nobilis pousse dans les savanes de l'Ouest de Madagascar. Cet arbre majestueux, de couleur gris-bleutée, peut atteindre 20 mètres de haut. Sa couleur très particulière est due à une fine couche de cire dont ses feuilles sont enduites. Totalement adapté aux zones arides et aux savanes, il ne craint ni la sécheresse ni le feu. Endémique de l'île, il est le seul représentant du genre Bismarckia.

Faucon de Newton Plaine à palmiers bleutés satranas (Bismarckia nobilis)
Faucon de Newton Plaine à palmiers bleutés satranas (Bismarckia nobilis)


A une trentaine de kilomètres au Sud de Ranohira, se dresse la ville "champignon" d'Ilakaka. Encore un simple village il y a dix ans, ce hameau a vu affluer plusieurs dizaines de milliers de personnes entre 1998 et 1999 : se fut la "ruée vers le saphir". En effet, ici les gisements de pierres précieuses, en particulier de saphirs, sont prolifiques et ont attiré des malgaches de tout le pays mais aussi des sri lankais, thaïlandais et autres négociants en pierres.

Rue principale d'Ilakaka, ville des chercheurs de pierres précieuses
Rue principale d'Ilakaka, ville des chercheurs de pierres précieuses


Véritable ville du "Far West", Ilakaka concentre d'innombrables commerces alignés le long de la route. Parmi ceux-ci, beaucoup de vendeurs de pierres précieuses, des casinos, night-clubs, bars, restaurants, épiceries diverses et autres vendeurs de vêtements ou matériel de mineur. Ici tous les noms de commerces riment avec saphir : Neel Saphir, La Terrasse Saphir, Rishana Gems, Mpanjaka Saphir, Zam Saphir, Vola Saphir... Malgré l'opulence qui constrate avec les villages alentours, tout n'est pas rose ! La plupart des mineurs et leurs familles vivent dans des conditions extrêmement précaires et souvent dans le dénuement le plus complet. L'espoir de faire fortune en trouvant quelques belles pierres a attiré nombre de prospecteurs à Ilakaka. La plupart survivent plus qu'ils ne réussissent. La concurrence et des concessionnaires parfois mafieux rendent les conditions de travail très difficiles. Nous vous conseillons de faire attention si vous vous y arrêtez car l'endroit est réputé peu sûr voire dangereux (particulièrement la nuit) : prostitution, règlements de compte, braquages... y sont monnaie courante.

Ville nouvelle d'Ilakaka et ses nombreuses échoppes de négoce de saphirs Ville nouvelle d'Ilakaka et ses nombreuses échoppes de négoce de saphirs
Ville champignon d'Ilakaka et ses nombreuses échoppes de négoce de saphirs


Les saphirs se trouvent dans des filons que les mineurs recherchent en creusant de profondes galeries souterraines étroites et souvent mal étayées. Les effondrements et accidents mortels sont fréquents. Une fois la terre extraite, celle-ci est acheminée à la rivière puis lavée à l'aide de batées. Cette activité est réservée aux femmes et aux enfants des mineurs qui travaillent le long de la rivière Ilakaka.

Mines d'où la  terre et ses précieux saphirs sont extraits Rivière  Ilakaka et ses chercheurs de saphirs Comme pour l'or, des batées sont utilisées pour extraire les saphirs
Mines d'où la terre et ses précieux saphirs sont extraits Rivière Ilakaka et ses chercheurs de saphirs Comme pour l'or, des batées sont utilisées pour extraire les saphirs


Plus que 169  km pour Tuléar !D'Ilaka à Sakaraha, autre plaque-tournante de pierres précieuses, la nationale traverse d'immenses plaines aux paysages splendides. 20 km avant Sakaraha, elle traverse un autre parc national : le Zombitse-Vohibasia. Nous n'aurons pas le temps de le visiter, et c'est bien dommage. Le parc, créé en 1997, s'étend sur plus de 16 000 hectares. Il est recouvert par la forêt sèche caducifoliée la plus méridionale de Madagascar et abrite une biodiversité fort intéressante dont 8 espèces de lémuriens, un oiseau endémique de la région (le Bulbul d'Appert), un grand gecko diurne très rare (Phelsuma standingi) et quantité d'espèces d'insectes remarquables.

Après l'Isalo, la RN7 traverse le Parc National du Zombitse Entrée très discrète du parc du Zombitse-Vohibasia
Après l'Isalo, la RN7 traverse le
Parc National du Zombitse
Entrée très discrète du parc du Zombitse-Vohibasia


Nous apercevons dans le parc du Zombitse les premiers baobabs de notre voyage. Leur taille imposante et leur silhouette caractéristique permettent de les distinguer aisément des autres arbres. Ils sont tout simplement grandioses ! Dans cette partie de l'île, seule l'espèce Adansonia za est présente. C'est la plus svelte des espèces de baobabs avec un tronc élancé et un houppier aux allures de pommier. Entre Antananarivo et Tulear, vous ne verrez des baobabs le long de la RN7 que sur cette portion de la route.

Les premiers baobabs rencontrés sur la RN7 Il s'agit de baobabs de l'espèce Adansonia za
Les premiers baobabs rencontrés sur la RN7 Il s'agit de baobabs de l'espèce Adansonia za
Les za commencent à perdre leurs feuilles en début de saison sèche Baobaberaie le long de la RN7 après le parc du Zombitse
Les za commencent à perdre leurs feuilles
en début de saison sèche
Baobaberaie le long de la RN7 après
le parc du Zombitse


Nous ne le rappellerons jamais assez, ce qui nous a le plus surpris durant ce périple, c'est l'extrême diversité biologique du pays. La route qui nous mène à Tuléar ne fait pas exception à la règle. Les colonies d'oiseaux succèdent aux rencontres plus terrestres telles caméléons et serpents.

Furcifer lateralis Guêpier de Madagascar Colonie de hérons garde-boeufs
Furcifer lateralis Guêpier de Madagascar Colonie de hérons garde-bœufs


Au fur et à mesure que nous nous approchons de Tuléar, nous croisons de plus en plus de monde sur la route. La RN7 est l'axe de communication majeur de la grande île et la seule route goudronnée du Sud-Ouest. Le vaza surprend et attire. Nous échangeons quantité de sourires et dialoguons avec les personnes que nous croisons à chaque arrêt avec l'aide de Nirina notre chauffeur et traducteur.

Promeneuses à l'ombrelle sur la RN7
Promeneuses à l'ombrelle sur la RN7


S'il est bien un caméléon qui mérite le détour, il s'agit du caméléon d'Oustalet. Il n'est pas difficile d'en voir le long de la RN7, nombre d'enfants en tiennent au bout de bâtons au bord de la route. Furcifer oustaleti est le plus grand caméléon connu. Les mâles atteignent jusqu'à 70 cm de long ! Malgré leur apparence quelque peu effrayante, ces animaux sont placides et se laissent facilement observer. Le caméléon d'Oustalet est assez commun à Madagascar et s'adapte aussi bien aux milieux humides qu'aux milieux secs.

Impressionnant Furcifer oustaleti, plus grand caméléon de Madagascar Cet individu dépasse les 50 cm Jurassic Parc ou Madagascar ?
Impressionnant Furcifer oustaleti, plus grand caméléon de Madagascar Cet individu dépasse les 50 cm Jurassic Parc ou Madagascar ?


Avant d'arriver à Tuléar, la route devient quelque peu monotone à l'exception des derniers kilomètres où elle descend en pente douce vers l'océan que l'on aperçoit à l'horizon.

Les 30 derniers kilomètres avant Tuléar, la route est plutôt monotone Les 30 derniers kilomètres avant Tuléar, la route est plutôt monotone
Les 30 derniers kilomètres avant Tuléar, la route est plutôt monotone


Terminus de la RN7, Tuléar, ancien comptoir colonial, est la ville la plus importante du Sud-Ouest de l'île. Chef-lieu de la région Atsimo-Andrefana, c'est la 5e ville de Madagascar avec plus de 200 000 habitants. Elle est surnommée "cité du soleil" à cause de son climat très aride : 28°C de température annuelle moyenne et moins de 400 mm de pluie par an. Principalement habitée par les vezos, peuple de pêcheurs de la région, Tuléar accueille une communauté indienne importante (les karanas) qui tient la plupart des commerces. Nous trouvons la ville poussiéreuse. Le voyage fut long pour arriver jusqu'ici et nous sommes affamés. Dans un guide que nous ne citerons pas ici, nous trouvons une excellente adresse pour déjeuner : le Corto Maltese. Le patron est italien, la cuisine raffinée et l'accueil excellent.

La RN7 se termine à Toliara Point de mer pour l'instant, juste de la poussière et beaucoup d'animation Une bonne table à Tuléar, le Corto Maltese
La RN7 se termine à Toliara Point de mer pour l'instant, juste de la poussière et beaucoup d'animation Une bonne table à Tuléar, le Corto Maltese


A Tuléar, le tsiokatimo souffle en permanence. Il s'agit d'un vent du sud, très puissant à certaines périodes de l'année qui peut provoquer des tempêtes de sable impressionnantes comme celle que nous avons vu le jour de notre arrivée. Pendant près d'une demi-heure, la vie s'est arrêtée à Tuléar car il était quasiment impossible de circuler sauf en voiture. Nous avons d'énormes difficultés à retirer de l'argent à Tuléar. Les distributeurs bancaires ne fonctionnent pas ou alors très mal. Heureusement un vendeur karana nous dépannera le lendemain en encaissant un chèque contre des ariary. Nous passons la nuit à l'hôtel Sax'Aphone. Les chambres y sont confortables, mais nous n'avons pas vraiment apprécié l'ambiance.

Tempête de sable sur Tuléar ... et vents de forte puissance
Tempête de sable sur Tuléar... ... et vents de forte puissance


Etape suivante : route jusqu'à Ifaty-Mangily, visite du parc Reniala
Etape précédente : randonnée dans l'Isalo (2e jour)

Écrit par Steph,  Dimanche 20 Juin 2010 Catégorie : De Tana à Tuléar
 

Commentaires  

 
# Magnifique 07-09-2011 13:15
Bonjour,
Magnifique carnet de voyage, Merci!!!
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