Voyage en terre malgache - carnet de voyage à Madagascar
logo

14 Avril : d'Antsirabe à Ambositra

Réveil vers 8h et bon petit-déjeuner à petit prix au restaurant Chez Gaëlle. Nous reprenons la route de Betafo puis empruntons une piste à 10 km d'Antsirabe en direction du lac sacré Tritriva. Après avoir payé un droit d'entrée de 3000 ariary par personne au village de Belazao, nous accédons au sommet du mont Tritriva d'où la vue est imprenable. Le paysage est composé d'un patchwork de champs de maïs, de blé, de riz et de cultures maraîchères qui s'étendent à perte de vue.

Vue sur la plaine agricole du haut du Mont Tritriva Village de Belazao
Vue sur la plaine agricole du haut du Mont Tritriva Village de Belazao


Un peu plus haut, logé au creux d'un cratère (caldeira) se trouve le lac Tritriva. D'une profondeur de 160 m, ses eaux changent de couleur en fonction du point de vue et de la lumière prenant des teintes qui varient du bleu sombre au vert turquoise. Le gardien des lieux, une personne âgée du village, accompagné d'une ribambelle d'enfants (qui essayeront de vous vendre pierres et chapeaux de paille) insiste pour nous emmener au sommet de la falaise surplombant le lac où il nous conte la légende de l'endroit. L'histoire dit que deux amoureux (Rabeniomby et Ravolahanta) dont les parents refusaient l'union se seraient jetés dans le lac afin de rester lier pour toujours. Ils se métamorphosèrent en deux arbustes aux branches entrelacées que l'on aperçoit au pied de la paroi du cratère. Autre originalité du site pour le moins mystérieux, d'après les villageois, le niveau de l'eau baisse inexplicablement en saison des pluies alors qu'il remonte à la saison sèche.

Lac Tritriva dans son écrin de pins Cyrille va t-il plonger ?
Lac Tritriva dans son écrin de pins Cyrille va t-il plonger ?


Enchantés par l'endroit, nous empruntons un sentier pour en faire le tour. Pensant être tranquilles, nous nous apercevons au bout de quelques minutes que nous sommes suivis par trois enfants. Ceux-ci ne mettront pas longtemps à nous rejoindre et nous accompagneront pendant toute la durée de la promenade.

Petite vendeuse de vannerie Fillette au joli chapeau Vendeuse d'oeufs en pierre
Zazas (enfants) accompagnant les vazahas (étrangers blancs) autour du lac Tritriva


Beaucoup de rencontres à Tritriva. Parmi les plus surprenantes, la néphile de Madagascar (Nephila madagascariensis) de la famille des Tetragnathidae impressionne par sa taille. Le corps de cette araignée qui n'est pas dangereuse pour l'homme peut dépasser 10 cm de longueur.

Néphile de Madagascar (Nephila madagascariensis)
Néphile de Madagascar (Nephila madagascariensis)


Nous croisons également un mille-pattes. Les mille-pattes, appelés aussi millipèdes (classe des Diplopodes) sont des arthropodes terrestres. On connaît environ 10 000 espèces de millipèdes dans le monde, la plupart vivant dans les régions tropicales. Peu étudiés à Madagascar, les scientifiques ont identifié pour l'instant 160 espèces réparties en 15 familles avec un fort taux d'endémisme.

Mille-pattes ou millipède
Mille-pattes ou millipède


Le grèbe malgache (Tachybaptus pelzelnii) est une des trois espèces de grèbes présente à Madagascar. Nous avons eu la chance d'observer un individu nageant sur le lac sachant que l'espèce est considérée comme vulnérable par les spécialistes. Beaucoup plus communs, un cardinal (Foudia madagascariensis) mâle au plumage nuptial de couleur rouge vermillon éclatante et un petit insectivore commun sous nos latitudes, le tarier pâtre (Saxicola torquatus), croisent notre chemin.

Tarier pâtre (Saxicola torquatus) Grèbe malgache (Tachybaptus pelzelnii) Cardinal (Foudia madagascariensis)
Tarier pâtre (Saxicola torquatus) Grèbe malgache (Tachybaptus pelzelnii) Cardinal (Foudia madagascariensis)


La végétation autour du lac n'est pas naturelle. L'endroit a été colonisé par des pins. Plus de 40 espèces de pins ont été introduites au début du XXe siècle à Madagascar dont le Pinus khasya et le pin du Mexique (Pinus patula). La pinède de Tritriva est essentiellement composée de pins du Mexique. Celui-ci est aussi appelé pin pleureur du Mexique à cause du port tombant de ses longues aiguilles groupées par trois.

Pin du Mexique (Pinus patula)
Pin du Mexique (Pinus patula)


Les plantes qui poussent à l'ombre des pins sont assez peu variées. Parmi celles-ci nous remarquons quelques pieds d'amour en cage ou lanterne du Japon (Physalis sp.). Appelé pok-pok localement, les fruits sont comestibles. Ils ont une saveur légèrement acidulée, sont peu juteux et sucrés.

Fleur de physalis sp. Fruit du physalis sp.
Fleur de physalis sp. Fruit du physalis sp.


Autre plante intéressante, la tagète (Tageta bipinata) appelée localement Tsipolobazaha ou Maimbokely. Elle a été récemment introduite dans l'île. Cette plante originaire des régions chaudes de l'ouest des Etats-Unis pousse spontanément sur les terrains de culture abandonnés. Une huile essentielle est extraite de ses parties aériennes fleuries.

Tagète (tageta bipinata), plante aromatique
Tagète (tageta bipinata), plante aromatique


Livreur de lait à bicycletteLa balade autour du lac Tritriva terminée, nous reprenons la piste pour nous rendre à Antsirabe. Le chemin du retour est animé. Nous croisons un laitier aux commandes de sa bicyclette, son véhicule de livraison ! Un peu plus loin, une femmes âgée pêche à l'aide d'une nasse des poissons de petite taille et des insectes dans l'eau stagnante d'une rizière. Elle accepte de se faire photographier et nous explique que le fruit de sa pêche servira à préparer une délicieuse friture.

Pêcheuse à la nasse Une bien maigre pêche
Pêcheuse à la nasse Une bien maigre pêche


Livreur de plantes aromatiquesMadagascar est un pays pauvre ce qui explique que le vélo et la charrue soient les deux moyens de transport les plus utilisés en milieu rurale. Après le livreur de lait, nous dépassons deux transporteurs de plantes aromatiques (de la santoline nous pensons).Zébu ou omby en malgache Ils vont vendre leur chargement à vélo aux usines d'Antsirabe. Des zébus broutent sur le bord de la route et attendent d'être attelés à des charrues pour transporter les récoltes de riz. Le mot zébu vient du tibétain « zeba » étymologiquement « bosse ». Cette bosse constitue une réserve calorique qui permet à ces bovidés de mieux supporter les périodes de disette. Le zébu joue un rôle essentiel dans la culture malgache. Il symbolise le pouvoir. L'île en compte 12 millions soit presque autant que d'habitants.

Bière THB (Three Horses Beer)Antsirabe est la troisième plus grande ville du pays avec une population de 180000 habitants au recensement de janvier 2005. C'est une ville réputée pour ses sources d'eau thermale, ses productions fruitières et laitières et ses industries. L'usine Star qui produit notre bière malgache favorite, la "Three Horses Beer" ou THB, est installée ici. Vous ne pourrez pas manquer les usines Tiko (boissons gazeuses et produits laitiers) propriétés de Marc Ravalomanana, chef de l'état malgache élu en mai 2002 mais aussi plus grande fortune de l'île. Géode géante  chez Joseph, un marchand de minéraux à AntsirabeLa région est également connue pour les minéraux de son sous-sol. Antsirabe est un lieu réputé de négoce en pierres. Nous avons visité l'atelier d'un marchand de minéraux et pierres précieuses, chez Joseph. Les pierres proposées y sont effectivement pour certaines splendides mais attention aux vendeurs qui ont tendance à pratiquer des tarifs excessifs avec les touristes. De plus, des clients se sont plaints d'y avoir fait l'acquisition de fausses pierres précieuses.

 

Nous choisissons de déjeuner au restaurant l'Arche. Le personnel y est accueillant, les prix bas et la cuisine excellente. Une adresse à retenir si vous passez par Antsirabe. Après un petit tour des boutiques situées en face du restaurant, nous nous décidons à louer les services d'un pousse-pousse pour visiter la ville. Antsirabe est la capitale de ces engins surprenants. Elle en compte 5000 ! Raymond sera notre chauffeur.

Raymond à droite et Stéphane dans le pousse-pousse
Raymond à droite et Stéphane dans le pousse-pousse
Pousse-pousses à Antsirabe
Pousse-pousses à Antsirabe


Enfants livrés à eux-mêmes dans les rues d'AntsirabeCette balade nous mène au cœur d'une ville verdoyante, aux larges avenues. Nous visitons le marché central, la gare, l'hôtel des Thermes et d'autres endroits étonnants comme celui que Raymond nous conseille et où nous ne trouvons qu'un terrain vague sur lequel des enfants font voler des cerf-volants ingénieusement fabriqués à partir de sacs en plastique. La pauvreté est très présente sur l'île, particulièrement dans les villes. Vous croiserez dans les rues d'Antsirabe ou d'ailleurs, des familles vivant dans le plus grand dénuement.

 

Vieille femme adossée à la palissade de sa maison, Antsirabe Maison traditionnelle Merina et pousse-pousses Vestige colonial, la gare d'Antsirabe
Vieille femme adossée à la palissade de sa maison Maison traditionnelle Merina et pousse-pousses Vestige colonial, la gare d'Antsirabe

 

A 15h, nous retrouvons Nirina qui nous attend pour reprendre notre périple vers l'étape du soir, Ambositra. La route traverse à nouveau collines et rizières. Des paysages toujours aussi superbes et variés se succèdent.

Paysage typique le long de la RN7 entre Antsirabe et Ambositra Rizières en terrasses des Hauts-plateaux
Paysage typique le long de la RN7 entre Antsirabe et Ambositra Rizières en terrasses des Hauts-plateaux


Nous arrivons en fin d'après-midi 90 km plus au Sud dans la petite ville d'Ambositra en pays betsileo. Nous nous rendons directement à l'hôtel Mania. Un guide touristique que nous ne citerons pas conseille de prendre la chambre 23. Par chance, celle-ci est libre ! C'est effectivement une chambre agréable avec depuis la terrasse une vue splendide sur la ville et ses alentours.

Vue sur les toits d'Ambositra Terrasse du dernier étage de l'hôtel Mania
Vue sur les toits d'Ambositra Terrasse du dernier étage de l'hôtel Mania


Un peu plus tard dans la soirée, nous dînons au restaurant Ny Tanamasoandro dont la décoration en bois est caractéristique du style de l'artisanat zafimaniry. L'endroit est désert et la cuisine y est plus que moyenne. Une adresse à pas ne pas forcément retenir. Nous rentrons finalement à l'hôtel, les rues mal éclairées étant trop peu rassurantes pour se promener la nuit.

 

Etape suivante : randonnée au Mont Antety, route jusqu'à la forêt d'Ialatsara
Etape précédente : route d'Antananarivo à Antsirabe, lac Andraikiba

Écrit par Steph,  Mercredi 20 Janvier 2010 Catégorie : De Tana à Tuléar
 

Commentaires  

 
# info 18-10-2011 11:49
bonjour,
quelle est la durée de la marche au lac tritiva?
merci
Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
# Balade lac TritrivaSteph 19-10-2011 07:51
Bonjour,
La balade autour du lac est très courte et facile, en 20 min vous pouvez faire le tour. Nous on a plutôt mis 1h car nous nous sommes beaucoup arrêtés pour observer faune et flore.
Le seul bémol que j'émettrai, c'est qu'il qu'y beaucoup de vendeurs qui attendent les touristes au lac, il ne faut pas hésiter à leur dire que vous voulez vous promener tranquillement et que vous regarderez ce qu'ils vendent après la balade, sinon vous risquez de faire le tour du lac accompagnés de tout un groupe !
Le paysage au lac vaut le coup en tout cas, et c'est aussi un beau point de vue sur les rizières et villages alentours.
Répondre | Répondre en citant | Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir


© Les textes, photographies et vidéos du site sont protégés par des droits d'auteur. Ils sont la propriété de Stéphane Clerc et Cyrille Cornu.
Pour toute utilisation, nous faire une demande à contact@mada-voyage-nature.com.

Animé par Joomla!. Designed by: Free Joomla Theme, web hosting. Valid XHTML and CSS.

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs   Carnets de voyage - Blogs de voyage - Uniterre